Le Fantôme du Mékong : La résurrection de la tortue géante de Cantor
À quelques kilomètres au nord de Kratié, dans les eaux boueuses du Mékong, vit l’un des reptiles les plus étranges et les plus rares au monde. Longtemps crue éteinte au Cambodge, la tortue géante à carapace molle de Cantor est devenue le symbole d’une conservation communautaire réussie.

Un physique d’un autre monde
Oubliez la carapace bombée et rigide des tortues de terre. La tortue de Cantor possède une carapace plate, lisse et caoutchouteuse, qui lui permet de se fondre parfaitement dans le sable des lits de rivières.

La redécouverte miraculeuse
En 2003, les scientifiques craignaient que l’espèce n’ait disparu du Cambodge, victime de la surpêche et du braconnage de ses œufs. Mais en 2007, une petite population a été redécouverte sur une portion de 48 km du Mékong entre Kratié et Stung Treng. Depuis, cette zone est devenue le dernier sanctuaire viable de l’espèce à l’échelle mondiale.
Kratié, capitale de la protection
Si vous êtes à Kratié, le point névralgique pour découvrir cet animal est le Mekong Turtle Conservation Center (MTCC), situé dans l’enceinte de la célèbre pagode aux 100 colonnes (Wat Sorsor Moi Roi) à Sambor.
Le programme de conservation repose sur un modèle intelligent :

Pourquoi est-elle menacée ?
Malgré ces efforts, la tortue de Cantor reste classée « En danger critique d’extinction ». Ses principales menaces sont la destruction de son habitat par les barrages hydroélectriques, la pollution des eaux et le commerce illégal. Chaque nid découvert est donc une petite victoire pour la biodiversité cambodgienne.
Le saviez-vous ? Contrairement aux autres tortues, elle ne possède pas d’écailles sur sa dossière, mais une peau épaisse qui lui permet de rester immergée très longtemps en absorbant une partie de l’oxygène de l’eau.