Chez les peuples montagnards du nord-est du Cambodge, les esprits de la nature occupent une place centrale dans les croyances traditionnelles.
Esprits du feu, de l’eau ou de la forêt sont considérés comme les maîtres des maladies, de la mort, des bonnes récoltes comme des mauvaises. Pour s’attirer leurs faveurs, les communautés organisent des sacrifices propitiatoires, au cours desquels les buffles paient un lourd tribut.

La veille de la cérémonie, le buffle choisi est attaché au poteau du sacrifice.
Toute la nuit, le village célèbre l’événement au rythme des festivités et de nombreuses libations, dans une atmosphère mêlant célébration et spiritualité.
Au lever du soleil, après une brève invocation aux esprits, le sacrifice commence.
L’animal est d’abord blessé en lui tranchant les jarrets, avant que son cœur ne soit transpercé d’un coup de sabre.
Lorsque le matériel adéquat fait défaut, le crâne du bovidé est fracassé à grands coups de gourdin.
Cette pratique, particulièrement impressionnante pour les visiteurs, s’inscrit dans un rituel ancestral transmis de génération en génération.
À l’issue de la cérémonie, la viande est consommée collectivement par les habitants.
Au-delà de sa dimension religieuse, le sacrifice du buffle constitue également un moment de rassemblement et de partage pour l’ensemble de la communauté, illustrant l’importance des traditions dans la vie des peuples montagnards du Cambodge.