Chez plusieurs peuples autochtones du nord-est du Cambodge, les rites funéraires occupent une place essentielle dans la vie spirituelle et communautaire.
Non loin des villages se trouvent les cimetières, où les défunts font régulièrement l’objet de cérémonies destinées à faciliter leur passage vers le monde des esprits.

Sacrifices, libations, offrandes de nourriture… Les cimetières ne sont pas uniquement des lieux de recueillement. Ils constituent également de véritables lieux de vie, où les familles et les communautés entretiennent un lien permanent avec leurs ancêtres.
Ces pratiques sont particulièrement développées chez les Jaraï, les Tampoun et les Katcha, dont les traditions funéraires sont parmi les plus riches de la région.
Les tombeaux, souvent très élaborés, sont ornés de statues placées à leurs angles et censées représenter les proches du défunt.
Chaque tribu exprime sa propre sensibilité à travers cet art funéraire. La statuaire des Jaraï, notamment leurs célèbres « pleureurs », est particulièrement réputée.
Les sculptures représentant des femmes exhibant leur pubis ou les « priapes » Tampouns témoignent également de la richesse et de la diversité des représentations symboliques propres à chaque peuple.
Les sculptures funéraires présentent une grande variété de représentations animales, auxquelles viennent parfois s’ajouter des défenses d’éléphants.
Certaines œuvres évoquent l’art précolombien, tandis que d’autres rappellent les statues primitives des Dayaks de Bornéo, témoignant d’une origine culturelle commune et d’un patrimoine artistique exceptionnel.